24 mars 2009

Cosette au pays du curry

Hier soir, je suis allé voir Slumdog Millionaire et vous savez quoi ? Ce film ne m'a provoqué aucune émotion. Rien. Des sourires parfois, si, j'avoue. Mais de larme point.

Je n'ai pas bien compris l'engouement suscité par ce film. Enfin si, les ficelles sont bien grosses pour que ça marche. Des petits enfants bien malheureux, plein de misère, mais du rêve, aussi bien dans le film que dans la vie. Une histoire totalement téléphonée dont on connait la fin dès le début. Des bonnes grosses séquences avec écrit en dessous "pleurez ici". Des bons gros jeux de caméra pour nous impliquer dans l'action. Un peu lourdingue tout de même...

Bon ben chez moi on dirait que ça marche pas. J'y étais avec ma copine MP : pareil. ENfin elle elle aime pas les films avec des gosses.

Je ne peux pas dire que j'ai détesté, ni que j'ai adoré... j'ai trouvé ça... disont sympathique.

C'est pas franchement ce que j'attends d'une séance de cinéma.

Ou alors c'est que j'ai le coeur sec.

Ben non j'ai chialé comme une madeleine devant Benjamin Button. Bon je suppute que ça a marché une fois parce que j'étais dans une situation émotionnelle particulière...

Ah mais Brokeback Mountain ça m'a fait comme Slumdog, rien, pas une larme, juste de l'agacement devant une mise en scène où l'on sent que le scénariste est trop content et se dit "oh putain comment vous allez chialer !!!". Et puis le coup des chemises, non mais franchement, qui ne l'a pas vu venir ?

J'ai vu Harvey Milk aussi récemment (je fais dans le petit film confidentiel en ce moment, ça fait peur...). Ben pareil... j'ai juste eu envie de giffler Sean Penn. Pour un pédé c'est la honte, de ne pas aaaaaaadoer Harvey Milk, on est "obligé" d'aimer ce film, de se sentir investi par "la cause", d'admirer la performance d'acteur. Alors oui, Gus il nous montre bien à la fin comment il est trop fort en casting, en nous mettant en parallèle les vrais protagonistes avec ses acteurs et ses dingues comment ils se ressemblent trop, comment il a trop bien bossé pour ça. Ca il a bossé, même pour bien salir l'image à mort pour qu'on se croit dans un doc de l'époque. Bon c'est un pati pris artistique, je sais... mais c'est comme les films dogme (ceux de Lars et Co, pas ceux de l'Arno) : l'image pourrie qui bouge tout le temps, j'aime pas. Et puis je ne me sens pas américain, encore moins californien, et désolé mas pour moi, pédé, ce n'est pas une identité internationale. Ce que je suis sectaire... ou pas, justement.

C'est bien les exercices de style... c'est mieux quand on n'est pas aveuglé par ça quand même...

Parfois j'envie les gens qui s'enthousiasment dès qu'ils vont voir un film, qui trois fois par mois sont persuadés d'avoir vu des films géniaux, le meilleur film du siècle, des chefs d'oeuvres du septième art, des cultes qui ont changé leur vie et leur regard sur le monde. Moi ça m'arrive rarement, peut-être trois fois en trente-quatre ans seulement, et changer ma vie... peut-être pas.

Bon tout ça pour dire que j'ai pas le coeur sec, mais que j'aime rien moins que de voir un film qui ne me provoque rien. Je préfère détester un film que ne rien en penser.

Je n'ai jamais été quelqu'un de passionné, c'est peut-être ça mon problème. Je ne lâche pas prise facilement. Je ne sais pas si ça s'apprend d'ailleurs. Quand bien même...

Bon la prochaine note parlera de mon nymphea sioux, c'est plus fleuri, c'est plus joli, c'est moins aigri.

Commentaires

Hé oui, même les films de gauche sont de droite de nos jours. Trop bien faits pour être honnêtes, moi j'dis !
Et puis pour quelqu'un de pas passionné, tu passes quand même beaucoup de temps à cuisiner mon petit poulet. Pas besoin d'être hystérique pour être à fond.

Ecrit par : Nours | 24 mars 2009

sur le plan émotionnel, rien rien, non, rien ne vaudra jamais un de mes films.

Ecrit par : Max Pecas | 24 mars 2009

"…Des bonnes grosses séquences avec écrit en dessous "pleurez ici"
Arf !
Il me semble me souvenir de quelqu'un qui pleurait comme un veau à toutes les séquences marquées "pleurez ici" de l'histoire de Monsieur Bouton.
C'est bête je me souviens plus qui c'était.

Ecrit par : Fincasor | 24 mars 2009

Oh zut, j'ai écrit plus vite que je ne lisais…

Ecrit par : Fincasor | 24 mars 2009

"…Ou alors c'est que j'ai le coeur sec."
Et mon cul c'est du poulet ?

Ecrit par : Fincasor | 24 mars 2009

A propos de Slumdog Millionaire, un ami fin cinéphile, a fait le commentaire suivant : "feel good movies doesn't make me feel good" ...
Ca doit être pareil pour toi ...
Moi j'ai bien aimé "la journée de la jupe"

Ecrit par : fredot | 24 mars 2009

ah ben moi aussi j'ai bien aimé la journée de la jupe dis donc ! Bon j'aurais pas payé pour le voir au ciné, mais j'ai trouvé ça pas mal du tout.

Ecrit par : Chickenbaby | 24 mars 2009

Tout à fait d'accord avec toi Poussin, je ne comprend pas trop l'engouement (américain, non?) autour de "slumdog Millionaire". Bon, j'y ai passé un moment plaisant (mais absolument pas larmoyant) car ça se passe en Inde et que cela m'a rappelé des trucs de mes voyages… mais c'est quand même un peu trop "regardez ma misère indienne comme elle est belle et comment les couleurs de mes égouts sont bien saturés"…

"Benjamin Button", ça m'a juste un tout petit peu gonflé : 3 heures d'esbroufe technologique pour raconter une toute petite histoire simple comme le monde… mouaif… Quand tu passes plus de temps à te demander comment le trucage a été composé qu'à t'intéresser à l'histoire, y'a comme un bléme…

Un tout petit peu déçu par "Harvey Milk", car, par rapport à l'excellent documentaire vu il y a 2 ans à la télé, on n'y apprend pas grand chose… Alors, oui, la reconstitution fin 70 est au petits oignons, Oui Sean Penn est plutôt pas mal comme le reste du casting mais ça reste un biopic ultra-classicos de plus, calibré pour les oscars…

Pour "Brockback Mountain", c'est plus délicat… Dans la salle, j'ai été gêné par les réactions hystériques des spectatrices à chaque scène de baiser ou de cul… et je n'arrivais pas à trouver le film aussi fort que les 30 pages de la nouvelle. Puis le film s'est lové pernicieusement et je l'ai gardé comme un poids pendant plusieurs jours… c'est un film sec et âpre, sur la frustration, le refoulement, le renoncement… et surtout sur "comment bien gâcher sa vie", ça a dû m'interpeler quelque part… Ce n'est absolument pas la Beeeelle histoire d'amour larmoyante entre 2 cow-boys qu'on a bien voulu nous vendre…

Ecrit par : Cinéphile à la patte… | 25 mars 2009

@ cinéphile :
Dis donc, qu'est-ce que tu parles bien des films, toi !
Tu devrais faire un blog, tu sais ?

Ecrit par : Fincasor | 25 mars 2009

Ah mais c'est qu'on est bien d'accord Denis ! Sauf peut-être pour Benjamin Button. Je m'attendais à justement passer mon temps à observer les retouches numériques et autres trucages, et je me suis laissé prendre par le truc au final (je ne parle pas de celui qui était à côté de mi dans la salle).
Et pour Brokeback Mountain, j'ai réagi comme toi : c'est l'histoire d'un gros gachis, ça m'a énervé en fait, plus qu'attendris.

C'est vrai que tu devrais ouvrir un blog dis donc :o)

Ecrit par : Chickenbaby | 25 mars 2009

T'as dit à côté de mi !!

Tu parles en chti !!!

Ecrit par : Fincasor | 25 mars 2009

tu crois que c'est sexuellement transmissible ?

Ecrit par : Chickenbaby | 25 mars 2009

Putain, j'ai attrapé des chtis… ça brûûûûle…

Ecrit par : Danny boude… | 26 mars 2009

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